Dans un contexte difficile, marqué par l’embargo pétrolier et le renforcement du blocus américain, les Cubains s’orientent vers des transformations économiques et sociales profondes.
Ces six derniers mois, l’administration Trump a intensifié le harcèlement et les mesures punitives à l’encontre de l’économie en général, et des entreprises et des responsables en particulier, au point de soumettre la population à des difficultés matérielles et à des pénuries de services sans précédent à Cuba.
Deux décrets présidentiels ont interdit aux fournisseurs potentiels de carburant à La Havane d’exercer leurs activités et des sanctions à portée extraterritoriale ont été instaurées, entraînant le départ des entités étrangères associées.
Face à la menace imminente d’une agression militaire, évoquée par Donald Trump lui-même, la patrie de José Martí continue de subir des coupures d’électricité de plus de 24 heures, la paralysie des transports et des réductions des services de santé de base.
Dans ce contexte critique, marqué par des préoccupations humanitaires, le Parlement cubain a approuvé des réformes économiques.
Les mesures prises pour lutter contre la crise, qualifiées par les experts d’ouverture au marché, n’ont pas été conçues comme un geste envers les États-Unis, avec lesquels La Havane mène des négociations jusqu’ici au point mort.
Le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a qualifié ces décisions d’acte de souveraineté, fruit d’années d’études et de recherche de consensus, même si leur mise en œuvre rapide est désormais nécessaire compte tenu de la conjoncture défavorable.
L’économie s’étant contractée de 15 % depuis le début de la pandémie, l’archipel caribéen entreprend des transformations profondes, accordant une réelle autonomie aux entreprises publiques.
Grâce à des incitations accrues à l’investissement étranger, notamment de la part des Cubains de l’étranger, à une formation des prix décentralisée, à la suppression des subventions aux entreprises et aux produits, et à un renforcement prévu de la protection des populations vulnérables, le pays tente de sortir de la crise actuelle.
Le gouvernement affirme que ces changements découlent du programme économique et des recommandations d’études sur les transformations à opérer, fondées sur les meilleures pratiques internationales.
Le chemin sera semé d’embûches, car l’administration Trump cherche à étouffer Cuba pour provoquer des troubles sociaux et créer un prétexte à une intervention.
Mais les Cubains croient qu’une résistance créative peut permettre de contourner les blocus et les embargos.
