Brasilia, 2 septembre (RHC) – L’ambassadeur de Cuba au Brésil, Víctor Cairo, a dénoncé dans une interview publiée aujourd’hui que le gouvernement américain cherche à détruire Cuba tout en traitant l’Amérique latine et les Caraïbes comme des territoires subordonnés.
Lors de cet entretien avec Grupo Record, le diplomate a déclaré que l’administration de Donald Trump avait adopté des mesures cruelles, renforçant, plus que toute autre, l’agression contre Cuba.
« Il s’agit d’un gouvernement déterminé à détruire notre pays, qui considère l’Amérique latine et les Caraïbes comme des peuples inférieurs, subordonnés aux intérêts des États-Unis », a-t-il affirmé.
Il a reconnu que, malgré la situation actuelle, des tentatives de dialogue ont été entreprises entre La Havane et Washington, tout en les qualifiant de très difficiles en raison de ce qu’il a décrit comme l’intention des États-Unis d’imposer « un modèle de destruction à Cuba ».
L’ambassadeur a maintenu que la nation caribéenne restait disposée à dialoguer avec les États-Unis, mais dans le respect des principes d’égalité souveraine.
« Cuba ne discute pas des changements à apporter au système politique des États-Unis, ni à ses problèmes sociaux. De même, elle n’accepte aucune tentative des États-Unis de modifier le système politique cubain », a-t-il déclaré.
Selon le diplomate, La Havane est disposée à discuter de questions telles que le commerce, le trafic de drogue et le crime organisé avec Washington, mais rejette toute forme d’ingérence dans ses affaires intérieures.
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’agression croissante des États-Unis contre Cuba durant le second mandat de Trump.
Le gouvernement américain a maintenu et renforcé l’embargo économique, commercial et financier qu’il impose à l’île depuis plus de 60 ans, y ajoutant un blocus énergétique en début d’année qui empêche l’accès au carburant.
Dans l’interview, M. Cairo a évoqué l’impact de l’embargo, mentionnant des pertes cumulées d’environ 2 100 milliards de dollars depuis 1960, avec des dommages dépassant 7,5 milliards de dollars entre mars 2024 et février 2025 et 8 milliards de dollars au cours des douze mois suivants.
Par ailleurs, il a lié le blocus énergétique susmentionné aux problèmes d’approvisionnement en carburant et de production d’électricité, ainsi qu’aux difficultés rencontrées pour assurer le fonctionnement des services essentiels.
« Nous sommes face à un pays qui empêche le pétrole d’entrer à Cuba. Cela a un coût terrible pour l’ensemble de l’économie. Comment mesurer l’impact d’une mère qui accouche et perd son enfant faute d’électricité ? Comment mesurer, économiquement, l’impact de la mortalité infantile à Cuba, qui, en moins de sept mois, est passée de 4 à 9,9 pour mille naissances vivantes ? », a-t-il demandé.
De son côté, le diplomate a souligné la solidarité du Brésil avec Cuba et a mentionné l’envoi récent de 48 tonnes de lait en poudre par deux vols de l’armée de l’air brésilienne, ainsi que des médicaments destinés à la population cubaine.
SOURCE : PRENSA LATINA
