Accueil TousNationalBruno Rodríguez à ABC News : Cuba défendra son indépendance

Bruno Rodríguez à ABC News : Cuba défendra son indépendance

par Reynaldo Henquen

Washington, 8 mai (RHC) – Le ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a réaffirmé que Cuba préservera son indépendance et a déclaré qu’elle « exercera pleinement son droit à la légitime défense, avec le soutien massif et unanime de son peuple ».

Dans une interview accordée à la chaîne américaine ABC News, le ministre a été clair : « Cuba ne représente aucune menace pour les États-Unis : ni pour leur sécurité nationale, ni pour leur politique étrangère, ni pour leur économie, ni pour le mode de vie américain. »

« Il semble que le gouvernement américain ait choisi une voie dangereuse ; une voie qui pourrait mener à des conséquences inimaginables, à une catastrophe humanitaire, à un génocide, à la perte de vies cubaines et de jeunes Américains ; elle pourrait également conduire à un bain de sang à Cuba », a-t-il déclaré.

Rodríguez a déclaré qu’aucun progrès n’avait été réalisé dans les pourparlers avec les États-Unis et a rejeté les récentes exigences de l’administration Trump concernant des réformes politiques et économiques. « Je peux vous dire que je ne vois aucun progrès », a-t-il insisté.

Le ministre cubain des Affaires étrangères a réitéré sa volonté d’engager un dialogue « sur un large éventail de questions bilatérales », mais a souligné que les sujets relatifs au système politique cubain ou aux affaires intérieures « ne sont pas à l’ordre du jour ».

Rodríguez a réfuté les faux prétextes utilisés par la Maison Blanche de Trump pour justifier une potentielle agression militaire contre Cuba, une action « interdite par le droit international », a-t-il rappelé.

Ces dernières semaines, l’hostilité de Trump et de son secrétaire d’État, Marco Rubio, s’est intensifiée, avec des menaces constantes d’actions futures contre l’île « très prochainement ».

Trump a évoqué – avec la mentalité d’un conquérant du XXIe siècle – la possibilité de « prendre le contrôle de Cuba presque immédiatement » et menace de déployer des porte-avions américains près de ses côtes pour, soi-disant, forcer une capitulation.

Depuis son entrée en fonction pour un second mandat à la Maison Blanche le 20 janvier de l’année dernière, le président Trump a intensifié son agressivité envers Cuba. Dès son premier jour au pouvoir, il a signé un décret annulant des mesures, certes tardives mais progressistes, prises par son prédécesseur démocrate, Joe Biden.

Ce dernier, qui durant ses quatre années à la Maison-Blanche s’était aligné sur la politique de Trump à l’égard de Cuba, avait décidé, une semaine avant la fin de son mandat, de retirer le pays de la liste unilatérale et arbitraire des États-Unis des États soupçonnés de soutenir le terrorisme.

Ainsi, une série de mesures ont été prises successivement, toutes visant à asphyxier la nation caribéenne par un durcissement sans précédent de l’embargo économique, financier et commercial le plus long de l’histoire, dans le but de renverser la révolution cubaine, autrement dit, de provoquer un changement de régime.

Il s’en est pris aux transferts de fonds (suspendus à compter du 31 janvier 2025) et a intensifié la répression de la coopération internationale de Cuba dans le secteur de la santé par des campagnes de pression qui ont conduit certains pays à abandonner ce programme humanitaire.

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) a également intensifié sa répression contre les opérations financières de l’île ; il a mis fin au programme de libération conditionnelle humanitaire ; suspendu les visas pour les échanges culturels, sportifs et scientifiques ; et, fait sans précédent après 23 ans de suspension, Trump a activé le Titre III de la loi Helms-Burton.

Le 29 janvier, un an après son retour au pouvoir, il a signé un décret déclarant l’état d’urgence nationale concernant Cuba, sous le faux prétexte que l’île constituait une « menace inhabituelle et extraordinaire » pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis.

En vertu de ce décret, un embargo énergétique a été imposé à l’île, et des droits de douane punitifs et des sanctions secondaires ont été brandis contre tout pays, entreprise ou compagnie maritime qui tenterait de vendre du pétrole à Cuba – une violation flagrante de la souveraineté des États tiers.

Le 1er mai, Trump a publié un décret étendant les mesures coercitives unilatérales de son administration contre Cuba, prolongeant celles annoncées en janvier. Bien qu’il n’ait mentionné aucune entité ni personne en particulier à ce moment-là, le secrétaire d’État a publié hier la liste des entités et personnes cubaines figurant sur ce registre de sanctions, démontrant ainsi sa portée extraterritoriale.

Un récent vote (51-47) au Sénat américain a rejeté une initiative des démocrates sur les pouvoirs de guerre, qui aurait limité les opérations militaires que Trump pourrait ordonner contre Cuba sans autorisation du Congrès.

SOURCE : PRENSA LATINA

 

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