Accueil TousNationalCoercition économique et menace navale : le siège de l’autodétermination cubaine

Coercition économique et menace navale : le siège de l’autodétermination cubaine

par Reynaldo Henquen

Démontrant que la diplomatie du bâton reste d’actualité, Washington a décidé de combiner deux instruments classiques de sa politique étrangère – la sanction économique et l’intimidation navale – pour faire pression sur Cuba et imposer un « changement de régime ».

Ce nouveau train de mesures, officialisé par un décret présidentiel, entraîne le gel de tous les biens sous juridiction américaine appartenant à des personnes physiques ou morales opérant dans les secteurs cubains de l’énergie, de la défense, des mines et des services financiers, ainsi que dans tout autre domaine que le Trésor et le Département d’État pourraient déterminer ultérieurement.

La mesure entre en vigueur sans préavis ni délai de grâce, ce qui accroît l’incertitude juridique pour les acteurs économiques.

Sans aucun doute, l’aspect le plus perturbateur de ce décret réside dans sa clause d’extraterritorialité : les institutions financières étrangères qui facilitent une « transaction significative » en faveur d’entités cubaines sanctionnées s’exposeront à une exclusion du système financier américain.

De même, elle interdit l’entrée aux États-Unis, en tant qu’immigrants ou non-immigrants, aux étrangers qui ne remplissent pas un ou plusieurs des critères établis par le décret présidentiel. Même le fait d’être un parent adulte d’une personne désignée en vertu de ce décret est passible de sanctions.

L’imposition de sanctions en dehors du cadre du Conseil de sécurité des Nations Unies contrevient à la Charte des Nations Unies. Des experts de cette organisation internationale ont condamné à plusieurs reprises les mesures coercitives américaines contre Cuba, les qualifiant de « grave violation du droit international ».

L’impact réel de ces mesures se mesure au quotidien de la population civile. Les coupures d’électricité ont entraîné le report de milliers d’interventions chirurgicales et l’interruption de traitements contre le cancer, tandis que la population subit des pénuries qui ne sont pas plus graves grâce à l’efficacité du système cubain et à son sens de la justice et de l’égalité.

En revanche, quelques heures seulement après la signature du décret, le président américain a déclaré devant un parterre d’hommes d’affaires qu’il « prendrait le contrôle de Cuba presque immédiatement » et a ajouté qu’il positionnerait le porte-avions USS Abraham Lincoln à une centaine de mètres des côtes cubaines, moment où, selon lui, les Cubains diraient : « Merci beaucoup, nous capitulons. »

Ces propos constituent, en langage diplomatique, une menace de recours à la force contre un État souverain, interdite par l’article 2.4 de la Charte des Nations Unies et qui rappelle l’époque de l’amendement Platt.

Ainsi, la série de décisions prises depuis janvier – la fermeture des approvisionnements pétroliers, les sanctions secondaires contre les banques et, désormais, la menace d’une intervention militaire – dessine une escalade extrêmement dangereuse et absurde contre Cuba.

La communauté internationale a réagi à cette escalade. L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA-TCP) a publié un communiqué condamnant la situation et exhortant Washington à « privilégier la voie d’un dialogue respectueux, sur un pied d’égalité, sans menaces ni conditions préalables ».

Il convient de s’interroger sur les raisons de l’obstination à persister dans une politique vouée à l’échec, alors que les preuves accumulées au cours de six décennies de blocus suggèrent que la coercition économique et la menace de la force, loin d’induire un changement politique, renforcent la cohésion interne de la société cubaine et sa détermination à résister.

Extrait du journal Granma

Sources : Maison Blanche (gouvernement), Département d’État américain, RTVE, La Razón, DW, TeleSUR, ABC.

 

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